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Diagnostic négatif en matière d’incapacité en Argentine
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Diagnostic négatif en matière d’incapacité en Argentine

[Le texte qui suit est la traduction française qu’a faite l’OMPH d’un texte paru en espagnol en janvier 2008 dans El Diario, un journal latino américain.]

 

Les personnes qui participaient à la réunion se sont engagées à lutter pour la ratification de la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées.  Elles souhaitent également que les normes actuelles relatives à l’accessibilité, à l’éducation et à l’emploi soient respectées.

 

Afin de faire le portrait de la situation présente des personnes ayant des incapacités en Argentine, et afin de définir des stratégies pour éliminer l’exclusion sociale, une rencontre a été tenue en décembre dernier (2007) rassemblant des groupes qui travaillent dans le domaine de l’incapacité.  Cette réunion a eu lieu à Chajari et a réuni des leaders handicapés de trente régions du pays – Rosario, Buenos Aires, Mar del Plata, Santa Fe, San Martin de Los Andes et les communautés avoisinantes, entre autres – de même que des représentants des régions urbaines, suburbaines et rurales.

 

Le but était de rassembler des représentant(e)s de différentes régions du pays à l’intérieur du budget dont disposaient les organisateurs.  « Nous savons que les personnes ayant des incapacités et vivant dans des faubourgs ou des zones rurales sont plus souvent confrontées à l’exclusion » disent les organisateurs de la rencontre qui provenaient de la Région Amérique latine de l’Organisation mondiale des personnes handicapées (OMPH), de la Ente Nacional Coordinador de Entidades Representivas de la Discapacidad de la Republica de Argentina (Coordination nationale des groupes représentant les personnes handicapées d’Argentine) (ENCIDES) et de l’Asociacion Discapacitados Area Rural de Inquietud Chajariense (Association pour les personnes handicapées en région rurale, Chajariense) (ADARDICHA). Julio Wilfredo Guzman Jara, président de l’OMPH, a participé à la réunion qui s’intitulait « Développement des capacités : cours sur les droits de la personne, la gestion institutionnelle et la gestion de projet ».

 

ACTION EN AMÉRIQUE LATINE.  Enrique Sarfati de ENCIDIS, Christian Gabriel Gonzales et Maria Gladys Goetz de ADARDICHA, Maria Susana Salamone du Centre Entre Rios pour l’intégration et l’apprentissage (CICE) et Maria Isabel Caporale de Guerra de la Sociedad de Beneficencia Fundadora (Société d’assistance fondatrice) soulignent que cette réunion à Chajari était la première du genre en Argentine mais qu’elle s’inscrivait dans la lignée d’autres réunions tenues depuis 2005 dans différents pays d’Amérique latine.  « La réunion s’est tenue du 13 au 17 décembre 2007.  Les fonctionnaires qui y ont été invités se sont dits intéressés à travailler avec nous sur cet enjeu. »  Les personnes interviewées se sont montrées critiques en regard de la situation à laquelle font face les personnes ayant des incapacités dans notre pays malgré le fait que, par exemple à Entre Rios, plus de 10% de la population ait une incapacité physique ou intellectuelle.

 

DIAGNOSTIC NÉGATIF.  Le document élaboré durant la rencontre a fait le portrait de la vie des personnes handicapées en Argentine en se basant sur des témoignages et des observations.  Notons entre autres le fait qu’un grand nombre de personnes n’ont pas accès à des services de réadaptation, à des médicaments ou aux aides techniques.  Dans certains cas, les personnes handicapées ou leurs familles ne connaissent pas leurs droits à l’accès aux services de santé, ce qui rend les choses encore plus difficile quand ces personnes vivent dans des secteurs suburbains (petites villes et quartiers marginaux) et dans les régions rurales, et ce encore plus si elles sont des étrangers.  Invoquant un budget limité et le manque de ressources, le gouvernement se montre réticent à accorder les pensions établies par la loi.  Privées de ce bénéfice, les personnes se retrouvent sans sécurité sociale.

 

ÉDUCATION ET EMPLOI.  En matière d’éducation, il y a de grands obstacles à l’implication des personnes handicapées dans le milieu scolaire.  On souligne le manque de décision politique favorisant un changement vers l’école inclusive ainsi que le manque de capacité des écoles en matière de détection précoce des personnes ayant des incapacités.  Le document examine également l’emploi.  « Nous constatons que l’Article 8 de la Loi 22.431, faisant référence à l’obligation du gouvernement de remplir 4% de ses postes vacants par des personnes ayant des incapacités, n’est pas respecté.  L’Article 11 de la loi établit l’obligation de favoriser les personnes ayant des incapacités dans la concession de l’exploitation de petits commerces dans les espaces publics. En ce qui a trait au secteur privé, les employeurs ne font pas un emploi judicieux des réductions d’impôt qui leur sont accordées lorsqu’ils engagent des personnes ayant des incapacités, dans bien des cas par manque d’information et dans d’autres cas par manque d’intérêt, ce qui devrait être dénoncé avec force. »

 

En ce qui a trait à l’accessibilité, il n’y a pas application de la Loi 24.314 (et de son décret 914/97) faisant référence à l’accessibilité physique (urbanisme, architecture), au transport (distances courtes, moyennes et grandes; par terre, par air et par mer).  On souligne également le fait qu’il n’y a pas assez de normes en matière d’élimination des obstacles à la communication et d’accessibilité à la technologie.  « Nous pourrions conclure que, en termes généraux, les règlements actuels sont adéquats mais qu’ils ne sont pas mis en vigueur par les responsables » déclare le document.

 

STRATÉGIES POUR ÉLIMINER L’EXCLUSION.  Quatre stratégies d’action ont été élaborées (durant la réunion) en vue d’éliminer toute forme d’exclusion sociale :

·     Coordonner les activités de réseautage des organisations pour renforcer le secteur et promouvoir la ratification de la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées par la collecte de signatures et l’envoi massif de courriels à des autorités qualifiées, entre autres actions.

·     Sensibiliser aux droits des personnes ayant des incapacités ces personnes elles-mêmes, les organisations de personnes ayant des incapacités et les organisations travaillant avec elles, les autorités gouvernementales des trois paliers (national, provincial, local) ainsi que le grand public.

·     Partager les outils légaux existants pour faire exercer nos droits, et  former les personnes ayant des incapacités à l’utilisation de toutes les structures existantes permettant la défense de ces droits, comme par exemple le protecteur du citoyen et Inadi.

·     Faire le suivi de l’application des règlements nationaux et des conventions internationales ratifiées par l’Argentine avec la participation des organisations de personnes ayant des incapacités.

 

FAIRE DE LA CONVENTION DE L’ONU UNE LOI.  Une des stratégies élaborées à Chajari est de lutter pour la réalisation de la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées, qui a été adoptée à l’Assemblée générale de l’ONU en décembre 2006, en faisant pression pour sa ratification par l’Argentine.  « La Convention a déjà été approuvée par le Sénat national en novembre dernier, elle est donc à demi sanctionnée, et nous attendons l’approbation de la Chambre des députés.  La Convention est un document moderne qui est l’aboutissement de quatre ans de délibérations à l’ONU. » affirme Monsieur Sarfati qui s’est rendu aux États-Unis lors de ces délibérations pour agir comme conseiller et représentant de ENCIDIS et de la région Amérique latine de l’OMPH.  « C’est un document historique que nous voulons voir appliqué mais, encore plus, que nous voulons voir rejoindre les régions les plus démunies: les régions rurales, suburbaines, les petites villes et les quartiers pauvres » conclut Monsieur Sarfati.


2008-03-12 00:00:00


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