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La Mission permanente du Brésil auprès de l’Organisation des Nations Unies

Convention relative aux droits des personnes handicapées

 

Note verbale datée du 29 janvier 2009, adressée au Secrétaire général par la Mission permanente du Brésil auprès de l’Organisation des Nations Unies

 

 

Regardez aussi d'autres langues : Anglais, Français, Espagnol, Portugais, Russe, Chinois, et l'Arabe

 

La Mission permanente du Brésil auprès de l’Organisation des Nations Unies présente ses compliments au Secrétaire général de l’Organisation et a l’honneur de lui demander de bien vouloir faire distribuer, au titre des points 64 e), 55 b) et 55 e) de l’ordre du jour de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale, le texte de la Charte de Santos adoptée par la réunion des pays de langue portugaise visant à faire connaître et appliquer la Convention relative aux droits des personnes handicapées et son protocole facultatif (voir annexe), qui s’est tenue du 10 au 14 septembre 2008 à Santos au Brésil.

 

Annexe à la note verbale datée du 29 janvier 2009 adressée au Secrétaire général par la Mission permanente du Brésil auprès de l’Organisation des Nations Unies

 

Charte de Santos

 

Nous, les 570 représentants de huit pays de langue portugaise, à savoir l’Angola, le Brésil, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, le Mozambique, le Portugal, Sao Tomé-et-Principe et le Timor-Leste, bénéficiant de la participation des représentants des personnes handicapées d’autres pays d’Amérique latine (Mexique, Costa Rica, Guatemala, Paraguay, Chili, Panama, Honduras et Pérou), des observateurs d’autres pays ainsi que des organisations internationales, notamment l’Organisation des Nations Unies, l’Organisation des États américains (OEA) et l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS),

 

       Rassemblés du 10 au 14 septembre 2008, à Santos dans l’État de São Paulo (Brésil) pour la réunion des pays de langue portugaise visant à faire connaître et appliquer la Convention relative aux droits des personnes handicapées et son protocole facultatif (ci-après dénommée « la Convention ») adoptée par l’Organisation des Nations Unies;

       Nous félicitant de l’entrée en vigueur de la Convention et nous efforçant de la promouvoir et d’en favoriser la ratification et l’application et d’en assurer le suivi dans les pays de langue portugaise, en harmonie avec les autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme;

       Conscients qu’en dépit de notre dispersion géographique et de nos différents niveaux de développement socioéconomique, nous parlons la même langue – le portugais – ce qui représente un élément important de notre identité historique et culturelle;

       Soulignant le fait que même si environ 236 millions de personnes dans le monde le parlent, le portugais n’est pas une des langues officielles de l’ONU, ce qui limite et empêche parfois la participation et réduit le rôle et la représentation des lusophones au sein de l’Organisation, avec toutes les conséquences qui en découlent;

       Saluant l’action menée jusqu’ici pour créer la Fédération des personnes handicapées des pays de langue portugaise et l’importance historique qu’elle revêt;

       Réaffirmant l’importance de la concertation et de la coopération des pays de langue portugaise pour faire ratifier et appliquer la Convention et en assurer le suivi, en collaboration avec d’autres États, en particulier ceux du Sud qui sont touchés par la pauvreté;

        Prenant en considération la vulnérabilité, l’exclusion, l’inégalité et la pauvreté dont souffrent la plupart des habitants de nos pays, ainsi que les stades distincts d’élaboration de lois et de politiques relatives au handicap;

       Comprenant que le respect des droits fondamentaux des personnes handicapées, en particulier celles qui vivent dans la pauvreté, passe par la généralisation des mesures de développement social et économique qui les prévoient;

       Conscients qu’il est nécessaire d’accorder une attention particulière à l’état de vulnérabilité dans lequel se trouvent les femmes, les enfants et les personnes âgées handicapés ainsi que leur famille, notamment lorsqu’ils sont touchés par un conflit armé, la violence familiale, la violence urbaine et le VIH/sida;

       Préoccupés par l’absence de mécanismes qui garantissent aux personnes handicapées l’exercice de leurs droits fondamentaux et le respect de leur dignité, comme le prévoit la Convention, et conscients qu’ils ne doivent pas être laissés pour compte et qu’ils ont un rôle à jouer aux niveaux national, régional et international;

       Nous employant à garantir aux personnes handicapées, à leurs familles respectives ainsi qu’aux organisations qui les représentent, les moyens de s’émanciper, d’agir et de participer à toutes les phases du processus de ratification, d’application et de suivi de la Convention, pour que cet instrument international puisse les aider à trouver des réponses à leurs questions individuelles ou collectives;

Compte tenu de ce contexte historique, politique, social, économique et culturel, nous proposons ce qui suit :

 

       Que chaque État fasse tout ce qui est en son pouvoir, au niveau national, pour garantir les ressources nécessaires à l’application des droits énoncés dans la Convention;

       Que des mécanismes de coopération technique et financière soient établis pour promouvoir une réelle coopération Nord-Sud et Sud-Sud, en vue de faire ratifier et appliquer la Convention et d’en assurer le suivi;

       Que les moyens dont les organisations de personnes handicapées disposent soient renforcés de façon à accroître au maximum le rôle qu’elles jouent dans la société pour défendre les droits de l’homme et promouvoir un développement sans laissés-pour-compte;

       Que les juristes du système judiciaire de chaque pays apprennent, pendant leurs études et leur formation continue, à adopter systématiquement une approche sans exclusive dans tous leurs domaines d’activité;

       Que les participants encouragent et appuient la mise en place entre eux et avec leurs pairs, aux niveaux local, régional et international, de réseaux, de dispositifs et de mécanismes d’échange d’informations, de communication, de mobilisation et de coopération entre les pays lusophones et les autres pays d’Amérique latine;

       Que les personnes handicapées et leur famille aient accès aux systèmes d’éducation et de soins de santé primaires de leur communauté;

       Que les pays de langue portugaise soient représentés dans les organisations et instances internationales dont les activités portent sur le handicap et les autres domaines relatifs à la Convention; que, notamment, la question du handicap soit systématiquement prise en compte dans les organisations, les instances et

       les activités relatives à ces pays, en particulier la Communauté des pays de langue portugaise, en vue notamment de promouvoir et d’appuyer la ratification et l’application de la Convention;

       Que l’élargissement, le développement et la consolidation de la Fédération des
personnes handicapées des pays de langue portugaise bénéficient d’un appui;

       Que les activités visant à faire connaître, ratifier et appliquer la Convention dans les pays de langue portugaise soient coordonnées et intégrées au programme mondial en matière de développement, notamment les objectifs du Millénaire pour le développement, les plans stratégiques pour la réduction de la pauvreté et l’indicateur du développement humain;

       Que des indicateurs d’intégration des personnes handicapées soient établis et qu’ils figurent dans tous les instruments et mécanismes de suivi et d’évaluation des politiques et des programmes publics de développement, conformément aux dispositions de la Convention;

       Que les représentants du réseau de coopération chargé de promouvoir un développement sans exclusive dans les pays de langue portugaise soient incités à se réunir pour élaborer des plans d’action communs et en évaluer l’évolution et l’impact sur la vie des personnes handicapées.

Nous nous félicitons de ce que le Secrétariat de Estado dos Direitos da Pessoa com Deficiência de São Paulo (Secrétariat d’État aux personnes handicapées) du Brésil ait pris l’initiative, en collaboration avec les partenaires mentionnés ci-après, d’organiser cette manifestation historique et de l’appui qu’ils lui ont apporté :

 

       Governo do Estado de São Paulo (Gouvernement de l’État de São Paulo); Secretaria de Estado da Saúde de São Paulo (Département de la santé de l’État de São Paulo); Fundação Faculdade de Medicina (Fondation de la faculté de médecine); Conselho Estadual dos Assuntos da Pessoa com Deficiência de São Paulo (Conseil d’État de São Paulo pour les affaires relatives aux personnes handicapées); Conselho Municipal da Pessoa com Deficiência de São Paulo (Conseil municipal de São Paulo pour les personnes handicapées); Conselho Nacional dos Direitos da Pessoa com Deficiência – CONADE (Conseil national des droits des handicapés – CONADE ); Coordenadoria Nacional para Inclusão da Pessoa com Deficiência – CORDE (Bureau national de coordination pour l’intégration des personnes handicapées – CORDE); Prefeitura de Santos, SP [Mairie de Santos (São Paulo)]; Conselho Municipal da Pessoa com Deficiência de Santos – CONDEFS (Conseil municipal de Santos pour les personnes handicapées – CONDEFS); Centro de Vida Independente Araci Nallin, São Paulo [Centre de vie indépendante Araci Nallin (São Paulo)]; FDLP – Federação das Associações de Deficientes dos Países Lusófonos (FDLP – Fédération des associations des personnes handicapées des pays lusophones); Rede Latino-Americana de Organizações Não-Governamentais de Pessoas com Deficiência e suas Famílias – RIADIS; (Réseau d’Amérique latine des organisations non gouvernementales défendant la cause des personnes handicapées et de leur famille – RIADIS); Instituto Interamericano de Deficiência e Desenvolvimento Inclusivo – IIDP (Institut interaméricain sur les handicaps et le développement inclusif – IIDP); Business Square; Maxpress.

 

Nous invitons toutes les entités ici représentées à poursuivre le processus de valorisation et de coopération enclenché dans les pays de langue portugaise, de façon à ce que les droits de l’homme soient respectés et à ce que les personnes handicapées puissent s’intégrer dans la société.

 


2009-03-05 00:00:00


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© Organisation Mondiale des Personnes Handicapées 2005